Pendant deux siècles les entreprises ont ignoré les questions environnementales. Les gisements du sous-sol semblaient inépuisables, donnant l'illusion d'une maîtrise absolue sur les éléments
(syndrome de l'apprenti sorcier).
Imaginons-nous au volant d'un bolide, monté sur rails, sur une ligne droite s'étendant à l'infini. Nous pouvons fermer les yeux, sans risque de quitter la route, ou encore regarder la
route défiler sous nos pieds.
Dans un monde linéaire et sans limite, une gestion "la tête dans le guidon" est sans risque, et maximalise l'impression d'efficacité et de puissance…
Et cela a fonctionné ainsi sur plusieurs générations. De quoi forger une culture, des certitudes et des outils de management optimisant l'efficacité à court terme.
Arrivé au bout du monde, ou au bout de cette vision du monde, la route est devenue sinueuse et dépourvue de rails. La crise financière mondiale que nous traversons illustre combien nos outils
sont inefficients à appréhender un monde en multiples évolutions.
C'est ce virage qu'il nous faut prendre.
Avec quels outils ?
La première des choses, mais non la moindre, est de regarder devant soi, pour s'assurer que nous sommes sur une route qui progresse vers notre objectif, et d'appréhender les obstacles à temps
pour les éviter.
Regarder loin devant implique d'intégrer un champ d'informations beaucoup plus vaste que n'en nécessite la gestion du quotidien. Ce changement d'attitude est sans doute peu confortable. Mais
il est nécessaire.
Heureusement, les sciences de la complexité montrent qu'il n'est pas nécessaire de tout contrôler. Au contraire, elle invitent à prendre du recul pour mieux percevoir les mouvements d'ensemble,
et d'agir ainsi plus efficacement pour avancer vers notre objectif.
Le Développement Durable nécessite d'intégrer une vision à long terme. Cela par une approche globale qui fasse le lien entre les problématiques d'aujourd'hui, de nos décisions et de leurs
conséquences dans le temps.
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